Monter sur scène sans semer la pagaille semble être de l'ordre de l'impossible pour Booba. Après le Stade de France, c'est sa prestation dans une discothèque strasbourgeoise qui s'est transformée en bagarre générale.
Invité à rapper samedi soir à la discothèque le JM3 à Erstein, Booba a été accueilli par les quelque 1200 personnes présentes à coup de cannettes et autres projectiles volants. A l'origine de cet accueil peu chaleureux, un retard de plus de trois heures dû à un désaccord entre le rappeur et les organisateurs concernant son cachet.
Ce n'est qu'une fois ce désaccord réglé que Booba a accepté de monter sur scène, il était alors 3h30. Face à lui, un public surchauffé par les longues heures d'attente, qui n'a eu d'autre idée pour exprimer sa colère que de lui jeter dessus tout ce qui lui passait sous la main.
Dès le premier jet de projectile, Booba a quitté la scène avant de revenir chanté quelques minutes plus tard, mais d'autres jets ont volé. Exaspéré, un des musiciens a répondu…et c'est là que tout a dégénéré.
Coups, insultes, la discothèque de Erstein s'est transformée en un gigantesque ring de boxe. Débordé par la foule, le service de sécurité a utilisé du gaz lacrymogène afin de disperser les jeunes et les calmer. Dans la mêlé des gens ont téléphoné aux gendarmes, aux pompiers et au Samu de Strasbourg.
Une fois sur place, l'équipe médicale a monté une structure d'urgence afin de soigner sur place les blessés.
Bilan de cette soirée cauchemardesque ? Quatre blessés dont un très grièvement : un homme victime d'un traumatisme crânien, un autre souffrant d'une fracture à la mâchoire, un gendarme adjoint blessé à la main par un jet de pierre et une femme enceinte de sept mois intoxiquée par les gaz lacrymogènes.
Quant à Booba et ses musiciens, ils vont bien, puisqu'ils ont pris la poudre d'escampette dès que les choses ont commencé à s'envenimer.
A quand un concert de Booba dans le calme ?
Mouna MARGI