Après six ans passés à la tête de la sélection portugaise, Luis Felipe Scolari a décidé de répondre favorablement à l'appel d'Abramovitch pour prendre en main les destinées de Chelsea. Désireux de donner un cachet plus offensif et spectaculaire à son équipe, le président des Blues a naturellement choisi l'un des techniciens les plus reconnus du monde.
Champion du monde avec le Brésil en 2002, Scolari a ensuite atteint la finale de l'EURO 2004 avec le Portugal avant de hisser les Lusitaniens dans le dernier carré de la Coupe du Monde 2006. A Chelsea, l'entraîneur brésilien avait ramené dans ses bagages deux de ses ex-protégés, Deco et Boswinga. Avec l'effectif déjà en place, il pouvait se vanter de posséder l'un des meilleurs groupes du monde, tant sur le plan quantitatif que qualitatif.
Le début de saison fut conforme aux espérances. Chelsea régale et offre un football séduisant. La puissance de feu de son trident Malouda-Cole-Anelka faisait des merveilles surtout qu'au milieu, des joueurs de la trempe de Ballack, Deco et Lampard laissaient parler leurs créativités et leurs talents. Mais les premiers matchs ne sont qu'une illusion. Rapidement, les Blues vont déchantés et n'arrivent plus à rééditer leurs prestations du début de saison. Selon le quotidien, The Sun, la moyenne des victoires de Scolari est beaucoup plus inférieure à ses prédécesseurs, y compris le controversé Avram Grant ou encore Claudio Ranieri.
Des problèmes entre les joueurs naissent, mais aussi entre les joueurs et leur entraîneur. Le cas Drogba en est l'illustration. Pilier de l'équipe ces deux dernières années, l'attaquant ivoirien cire le banc de Stanford Bridge depuis le début de la saison. La bonne forme d'Anelka en est certes pour beaucoup mais Scolari n'a jamais été un fan absolu de l'ex-Marseillais.
D'autre part, les contre-performances qu'essuie l'équipe depuis quelques semaines commencent sérieusement à agacer le groupe qui ne supporte plus les méthode de l'entraîneur brésilien. John Terry et Franck Lampard, porte parole du groupe aurait demandé à Scolari de durcir les séances d'entraînement, estimant que l'équipe n'arrive pas à bien suivre sur le plan physique. Le capitaine et le vice-capitaine ont aussi critiqué la gestion du groupe par Scolari. En témoigne leur ras-le-bol quand Ballack a été remplacé à la mi-temps de Chelsea-West Ham alors que Deco était complètement hors du coup. Avec une qualification pour les huitièmes de la Ligue des champions acquise dans la douleur et une deuxième place en Premier League, les jours de Scolari semblent comptés. D'ici début janvier, les supporters londoniens sauront si leur équipe est bien armée pour finir la saison avec un titre.
Nidhal JELASSI