Depuis 2006, Raymond Domenech peine à trouver l’ossature parfaite pour l’équipe de France. En témoigne l’EURO 2008 complètement raté et un début de campagne mondialiste mitigé. Au temps où Zidane faisait encore partie de l’Equipe de France, le système tactique de l’équipe était clair et ne faisait l’objet d’aucune contestation. Un 4-5-1 avec Zizou en meneur de jeu juste derrière un attaquant de pointe qui était généralement Thierry Henry.
Ceci a très bien fonctionné durant le mondial allemand mais depuis Domenech rame pour trouver la meilleure carburation à son équipe. Oscillant entre le 4-4-2 et le 4-2-3-1, le sélectionneur national donne l’impression de ne pas trop savoir quelle équipe aligner avant chaque sortie des Bleus.
Si pour la défense, le choix est relativement simple dans la mesure où la France évolue avec depuis toujours quatre défenseurs et que parmi ses quatre là, Gallas et Sagna sont indiscutables dans leurs postes, la donne est tout autre pour le milieu de terrain. Domenech a l’embarras du choix et ce n’est pas forcément une bonne chose. Les blessures à répétition de Patrick Vieira ont obligé notre Raymond national à tester plusieurs joueurs aux côtés de Toulalan sans pour autant arrêté son choix sur le successeur du joueur de l’Inter. Lassana Diarra, Alou Diarra, Abou Diaby et Mathieu Flamini ont tous été essayés au poste de milieu défensif avec plus ou moins de succès.
Passons maintenant au principal casse-tête de Domenech. Les milieux offensifs ou plutôt l’animation offensive de l’équipe. Le sélectionneur des Bleus peut se vanter d’avoir à sa disposition des créateurs de qualité intrinsèque. Ribéry, Nasri, Ben Arfa et Gourcuff. Chacun d’eux a été désigné à un moment ou un autre comme le successeur de Zinedine Zidane. Evoluant dans un même registre mais avec des qualités bien différentes, seul Ribéry a la totale confiance de Domenech. Ce dernier, hésitant encore comme on l’a dit sur la tactique à adopter, a le choix entre deux schémas. Soit évoluer avec un meneur de jeu classique juste derrière un seul attaquant. Soit évoluer avec deux ailiers pour soutenir une paire d’avant-centres.
En football, il est connu que le joueur qui détient la clé de son équipe est celui de la dernière passe. Autrement dit, l’efficacité du jeu des Bleus est conditionnée au choix du joueur à qui est confiée la tâche d’être l’auteur de la passe qu’il faut au moment qu’il faut. Dans ce jeu, Yoann Gourcuff est de loin le meilleur actuellement. Sa lecture du jeu, sa vision, sa philosophie même du jeu n’a pas d’égal actuellement. Le Bordelais est un vrai poison quand il évolue en plein axe. Il l’est beaucoup moins quand il est décalé sur un côté. Ses récentes prestations face à la Serbie et la Roumanie donnent raison à Domenech.
Le côté droit étant la propriété exclusive de Franck Ribéry, le côté gauche reste « abandonné ». Malouda écarté, le rôle du pendant d’Evra devait échouer logiquement à Nasri ou Ben Arfa. Malgré un potentiel énorme, les deux prodiges peinent à confirmer les potentiels entrevus. Samir est handicapé par des blessures musculaires alors que Hatem n’a toujours pas purifié son jeu et surtout son caractère. En ce sens, Domenech choisit d’imiter son collègue Guardiola en confiant la responsabilité de l’aile gauche à Thierry Henry, lequel accepta sans rechigner. Pourquoi décaler le meilleur buteur de l’histoire des Bleus sur l’aile ? Tout simplement pour permettre à Karim Benzema de s’aguerrir sur le front de l’attaque. Car Domenech est bien conscient que le Lyonnais sera certainement l’arme fatale des Bleus en 2010 en Afrique du Sud. Et de ce fait, Benzema doit bénéficier du plus de temps de jeu possible pour s’installer durablement en équipe de France.
Evidemment, si Nasri ou Ben Arfa franchissent un palier en 2009, et si Jérémy Menez explose enfin à Rome, on n’aimerait pas être dans la position de Raymond. Qu’importe le choix qu’il fera, il sera forcément critiqué !
Nidhal JELASSI