La double confrontation face à Lituanie est d’une importance capitale pour les Bleus. ça, on le savait déjà. Pour la première manche, disputé à Vilnius, L’équipe de France a réussi l’essentiel, à savoir remporter les trois points, sur un terrain à la limite du praticable et face à un adversaire recroquevillé en défense.
Très souvent décrié pour ses choix, pour le moins bizarres, Raymond Domenech a réussi son coup cette fois. Tout d’abord, en préférant Squillaci à Mexès en défense central, le Patron des Bleus a su amener ce plus dans le jeu aérien qui manquait cruellement à son équipe. Avec le seul Danilevicius aux avant-postes, la Lituanie comptait profiter du gabarit assez impressionnant de son attaquant pour espérer prendre à défaut les Bleus comme l’avait fait l’Autriche avec Janko. Pour sa treizième titularisation, Squillaci a été impeccable, s’entendant à merveille avec Gallas et rassurant ses coéquipiers.
Dans le domaine offensif, le sélectionneur national a opté pour la logique mélangé à l’audace. En l’absence d’Anelka, nous avons « conseillé », dans notre article d’avant-match, à Domenech de faire jouer Henry comme avant-centre et décaler Ribéry à gauche. C’est ce qu’a fait Raymond. Pour une fois, il a suivi une certaine logique qui veut qu’en ce match importissime, il serait dangereux de s’aventurer à titulariser en attaque un Benzema amorphe qui n’a pas marqué depuis le 21 février ou un Hoarau totalement inexpérimenté. Avec Henry comme avant-centre, Ribéry retrouve son poste de prédilection à gauche. Le Bavarois a très bien animé son couloir et a été l’auteur du but de la victoire sur un service royal de Gourcuff.
Reste le problème du couloir droit. Et c’est là que Domenech a choisi de surprendre son monde en jetant dans le bain le revenant Luyindula alors qu’on s’attendait plutôt à Nasri ou à Briand, gravement blessé quelques heures avant la rencontre. Dans un rôle de milieu offensif droit, le Parisien a répondu aux attentes de son sélectionneur même s’il a vendangé pas moins de trois occasions nettes. Sa mobilité, ses déplacements et son intelligence de jeu ont été précieux pour l’équipe comme l’a souligné Henry à la fin de la rencontre : "Il aurait pu marquer trois buts. Il a été très bon. C'est extraordinaire ce qu'il a fait. Il était loin de penser qu'il pouvait venir en sélection, encore moins de jouer".
Ce mercredi, les Bleus joueront la deuxième manche face à la Lituanie. Un match qui sera bien différent que celui disputé à Vilnius. A notre avis, peu de changements seront effectués dans l’équipe. D’autant que Domenech a toujours été un adepte de la formule « on ne change pas une équipe qui gagne ».
Nidhal JELASSI