Depuis son départ de Lyon, auréolé du titre de meilleur joueur de Ligue 1, Florent Malouda vit des moments difficiles. Son aventure londonienne à Chelsea n'est pas une franche réussite. De plus et depuis l'avènement de Scolari, l'ex-Guingampais est régulièrement cantonné au banc des remplaçants.
Sa saison mitigé avec Chelsea, conjuguée aux prestations catastrophiques de l'équipe de France à l'EURO ont rapidement fait de lui l'un des responsables désignés de l'échec des Bleues en Suisse et en Autriche.
La presse sportive française s'est déchainé contre le milieu offensif gauche, l'accusant d'être hors de forme et de ne pas s'impliquer totalement dans le jeu et la vie de l'équipe. Avec lui, l'équipe semblait jouer en infériorité numérique offensivement où son apport était quasi-inexistant et son jeu stéréotypé commençait à agacer. Le flanc gauche, où jouait Malouda, était statique et très défensif faisant pencher le jeu de l'équipe très souvent à droite. Devant le flux de critiques dont il fut l'objet, Malouda a toujours refusé de sortir de son silence.
Dans un entretien accordé à l'équipe, aujourd'hui, Florent rompt le silence et déballe tout. Sur son rendement durant l'EURO, le joueur de Chelsea déclare : «à l'Euro, j'ai joué comme le sélectionneur m'a demandé de jouer. J'estime que je ne pouvais pas faire plus dans le rôle qui m'était attribué. Alors, de deux choses l'une : soit ça continue comme ça et je ne pourrais pas faire mieux qu'à l'Euro, soit je suis utilisé différemment, peut-être davantage sur mes qualités offensives».
Des critiques indirectes sur la tactique adoptée par Domenech depuis qu'il est à la tête de l'équipe de France. Selon Malouda, il n'aurait fait qu'appliquer les consignes du sélectionneur en affirmant « Je n'avais pas la même liberté. Il fallait que je monte deux ou trois fois par mi-temps, j'avais un lien à effectuer entre les joueurs qui se projetaient vers l'avant et le reste de l'équipe ». L'ex-Lyonnais n'a toujours pas digéré sa mise au ban le soir du match contre l'Italie, se sentant trahi par Raymond qui avait cédé à la pression. «Contre l'Italie (0-2), je n'ai pas été aligné et on a encore perdu, me semble-t-il. Cette fois, ça ne pouvait pas être ma faute... Il y avait donc peut-être d'autres problèmes, quand même. Mais bon, si le sélectionneur ou la Fédération n'ont pas jugé bon d'avoir un devoir d'explication pendant l'Euro, ils ne le feront jamais, sans doute» a-t-il affirmé dans les colonnes du quotidien sportif.
Nidhal JELASSI