En deux journées de Championnat, les Marseillais ont montré un potentiel offensif insoupçonné. Huit buts, quatre contre Rennes, autant face à Auxerre, la force de frappe de Marseille déroule en ce début de saison. La raison : des joueurs de grande qualité en attaque qui mettent leur technique individuelle au profit du collectif.
L’entraîneur phocéen, Eric Gerets, peut désormais voir venir. Hormis, la frustration de Rennes qui a vu Marseille se faire rattrapé au score dans le temps additionnel, l’entraîneur phocéen peut être satisfait du comportement de son équipe jusque-là.
La charnière centrale, point faible de l’équipe contre Rennes, s’est stabilisée avec la rentrée de Zubar qui a apporté son impressionnant potentiel physique à une arrière-garde qui se suffisait avant d’un surcroît de technique.
Défendre pour bien attaquer, Gerets a sans doute retenu les leçons de La Route de Lorient. En jouant à Rennes avec un 4-2-3-1, le Belge ne pouvait se découvrir de meilleure façon pour aspirer vaincre même si sa ligne d’attaque est terrible. Sauf qu’en marquant quatre buts et en concédant autant, Marseille perd au change. Pour postuler le titre, il faut être costaud derrière et solide au milieu. Le reste, pas besoin de vous faire un dessin. Ben Arfa, Koné, Niang et Cissé, pour ne citer que ces cadors, sont difficiles à maîtriser.
La bonne formule
En trois matches, deux en Championnat et un en Coupe de l’UEFA, l’entraîneur phocéen à changé à chaque fois de dispositif. Constat : si l’animation de jeu et la force de frappe de l’équipe sont restées intactes, l’équipe a gagné davantage en équilibre en privilégiant un autre joueur de milieu à un attaquant nominal. Dans ce nouveau schéma, c’est Cissé qui paie les frais de ce recentrage.
En Norvège, Djibril a cédé sa place à Cheyrou et Marseille est revenu à un dispositif en 4-3-1-2, avec trois milieux récupérateurs (Cana, Mbami et Cheyrou), un organisateur (Ben Arfa) et deux attaquants (koné en soutien à Niang). Les Phocéens se sont procuré certes moins d’occasions de scorer mais l’objectif d’un match à l’extérieur n’est-il pas de conserver ses chances de qualification. Chose que Marseille a doublement atteint avec la victoire à la clé. Cela est d’autant plus prodigieux que les Phocéens ne semblent pas déstabilisés par le changement de tactique.
Très forts techniquement, les Marseillais ne rivalisent pas de jeu individuel pour montrer au public ce que valent leurs prestations. C’est plutôt le collectif qui prend le dessus quand bien même Gerets préfère que les individualités se fondent dans l’équipe pour le bien du groupe.
Dimanche au Vélodrome, Ziani a été incorporé à la place de Cana. Marseille est disposé en un classique 4-4-2, deux récupérateurs, deux milieux offensifs et deux attaquants. L’équipe est toujours aussi organisée que prolifique. Rassurantes encore les cartes encore à la disposition du coach. Valbuena, Grandin, Arrache, Rodriguez, Erbate, un banc qui ferait le bonheur de bien des équipes de Ligue 1.
Marseille bien parti pour titiller Lyon ? Il est difficile de ne pas y croire surtout que les joueurs semblent, du moins pour l’instant, adhérer au message de Gerets. Personne n’est inamovible. Cissé en sait sûrement quelque chose !
Chahir CHAKROUN