Talentueux mais immature, génial mais avec un sale caractère, Hatem Ben Arfa était venu à Marseille pour tirer l'équipe vers le haut en étant son leader technique et sa principale force de frappe. Mais voilà, à 21 ans, Ben Arfa est encore trop inconstant pour franchir un palier et continuer sa progression.
Depuis le début de la saison, il alterne les prestations splendides et les matchs ratés. Quand il est dans un bon jour, c'est tout le jeu de l'Olympique de Marseille qui s'en trouve métamorphosé. La remontée de balle se fait à toute vitesse et les actions phocéennes deviennent tout aussi imprévisibles que dangereuses. Généralement placé à gauche du milieu de l'OM, Hatem fait beaucoup pencher le jeu de son équipe de son côté. Ses débordements, ses accélérations et ses dribbles déroutants font de lui un ailier hors pair faisant vivre à son vis-à-vis un véritable cauchemar
Néanmoins, ses prestations face à Caen et à Eindhoven ont été tellement transparentes qu'Eric Gerets a relégué le génial milieu offensif sur le banc à l'occasion du classico. Face au PSG, Ben Arfa a failli aller au clash avec son entraîneur (il a refusé d'aller s'échauffer) créant une vive polémique au sein de son club et se mettant à dos une grande partie du public de l'OM.
En parfait psychologue, Gerets a géré ce problème avec intelligence sachant, sans doute, que le caractère de Hatem était aussi déconcertant que ses dribbles. Pour son retour dans le onze rentrant, Ben Arfa a vite obtenu le pardon du public du Vélodrome avec des prestations de haute voltige face à Nantes, Saint-Etienne et mardi face au PSV. Hier soir, Hatem a évolué sur une autre planète. Positionné en meneur de jeu derrière Koné et Niang, le Franco-Tunisien a ébloui le public phocéen de son talent. Accélérateur du jeu, dribbleur fou, passeur hors pair et un régisseur exceptionnel. Ben Arfa a tout fait face aux pauvres Néerlandais. Koné et surtout Niang se sont régalés inscrivant respectivement un et deux buts. La défaite face à Paris paraît tellement lointaine. Marseille a retrouvé son jeu, comme par enchantement.
Remplacé par Kaboré à vingt minutes de la fin, Ben Arfa a reçu une ovation méritée de la part d'un public connaisseur qui a déjà pardonné à son chouchou son écart face au PSG. A Hatem de prendre conscience que ce n'est qu'avec des prestations à la hauteur de son talent qu'il deviendra un grand, un très grand joueur...
Nidhal JELASSI