Depuis deux journées, Hatem Ben Arfa squatte le banc des remplaçants de l'Olympique de Marseille. A Auxerre comme face au Havre, il n'est entré en jeu qu'en fin de match.
Arrivé à l'intersaison en terre phocéenne contre un chèque de 11 millions d'euros, Hatem était attendu comme étant la recrue qui allait ramener l'OM au sommet de l'Hexagone et mettre fin à la suprématie lyonnaise. Après des débuts tonitruants sous la tunique marseillaise, Ben Arfa va sombrer, au fil des matchs, pour se retrouver au centre de toutes les attentions chaque fois que Marseille rate une sortie. En novembre, son refus d'entrer en jeu face au PSG a créé une polémique dont le club n'avait nullement besoin.
Revenu en grâce aux yeux de son entraîneur, Ben Arfa n'arrive pas à être à la hauteur de ce que ses dirigeants et son entraîneur attendent de lui. La mini-crise de résultats qu'a traversée l'OM avant la trêve a laissé l'occasion à Eric Gerets de se pencher sérieusement sur la tactique à employer pour secouer son équipe et lui faire retrouver son jeu du début de saison. Habitué à évoluer avec trois meneurs de jeu, Ziani, Valbuena et Ben Arfa, le technicien belge se rend à l'évidence du déséquilibre flagrant de son équipe, notamment au milieu de terrain, en évoluant de la sorte.
Ziani, excellent depuis le début de la saison, Valbuena, aussi précieux que constant dans l'effort, c'est donc logiquement que c'est Ben Arfa qui trinque. L'ex-Lyonnais fait les frais des nouveaux choix de son coach et se voit écarté de l'équipe titulaire marseillaise. En deux matchs, l'OM en a gagné deux. C'est dire que Gerets n'est pas encore prêt à changer de tactique, encore moins de joueurs. Réputé pour son ego démesuré, Ben Arfa va-t-il accepter longtemps ce nouveau rôle qui lui est attribué ?
Malgré un talent incroyable, Hatem peine à confirmer au plus haut niveau. Pape Diouf disait de lui, il y a quelques semaines que « sa saison était mi-figue, mi-raisin, pour l'instant » avant d'essayer de trouver des excuses à son protégé en affirmant : « Il a encore besoin de repères. A Lyon, c'était un jeune de la famille, de la maison lyonnaise. Ici, c'est plus compliqué. Il était une recrue majeure et ce statut pèse sur lui. »
Cependant, une question demeure sans réponse depuis l'année dernière : à quand l'envol de Ben Arfa ?
Nidhal JELASSI