Le PSG aura vécu ses dernières années une période sans doute la plus difficile de son histoire. Frôlant la descente à plusieurs reprises en Ligue 2, le club de la capitale s’est résolu à chaque fois à changer de coach. Les présidents, eux, se sont succédé, souvent en sauveur, rarement en planificateur. Résultat : échec éblouissant !
Des sueurs froides, les supporters du PSG en ont eu à satiété en chaque fin de saison. Constat terrible. Sûrement. Par rapport à d’autres clubs moins lotis financièrement, ou sur les plans de l’infrastructure et de la logistique, le PSG est tenu à mieux, à défaut du meilleur. En réalité, la situation est inquiétante quand elle n’est pas alarmante. Le club francilien s’enlise inéluctablement dans le flou. L’art de redresser une situation a échappé à bien des présidents. Charles Villeneuve gagnera-t-il son Paris ! Le remède demeure symptomatique, le diagnostic paradoxalement inconnu. Quoique…
Quel mal range donc Paris ?
Cette question, tout le monde se la pose, personne n’y a répondu. Certaines gens ont réussi certes à détecter le mal, mais faute de temps, on a préféré parer au plus urgent, à défaut de voir le fond. C’est-à-dire la politique du club et sa stratégie à court et long termes. Quels priorités pour le club, quel projet entreprendre et quelles ambitions se fixer ? Un grand club à Paris, les supporters du Parc des Princes en rêvent depuis toujours. Le Championnat de 1994, l’épopée de 1996 et la victoire de l’équipe d’Arthur Jeorge en C2 semblent loin derrière.
Pour un projet sportif
Charles Villeneuve et son équipe ne doivent surtout pas se projeter vers l’avenir sans tenir compte d’un passé qui les guettera à la moindre distraction. Le mal récurrent dont souffre le club nécessite du temps. Peut-être plus de temps qu’il en faut pour créer une nouvelle équipe. Ce dont a besoin aujourd’hui le PSG, c’est bien un projet sportif derrière lequel le club se transcendera. Lyon, surtout, et à un degré moindre Marseille et Bordeaux, y ont adhéré et ont réussi dans leur entreprise.
Paris n’a pas le choix. Se contenter à chaque ouverture du marché des transferts ; de quelques recrues, aussi confirmées soient-elles, ne constitue pas une solution durable. Une équipe, ça se construit en amont, elle s’impose en aval. Villeneuve méditera !
Chahir CHAKROUN