Un climat délétère s’installe ces derniers jours au Camp des Loges. Des bruits faisant état d’un possible limogeage ou remplacement de Paul Le Guen (choisissez le terme qui vous convienne) ont ravivé les interrogations et suscité les réactions de tout bord.
Cette atmosphère qui règne actuellement n’est sans doute pas étrangère au club de la capitale, ses dernières années le PSG a vécu des moments beaucoup plus graves, mais ce qui l’est par contre c’est le timing de cette « opération ». Le bilan du PSG après huit journées de championnat ne suscite pas les inquiétudes que le laissent croire les derniers événements.
Evénements, le terme est peut-être un peu exagéré, mais quand il est question du PSG, les proportions sont justifiées par cette pression qui n’a jamais épargné le club francilien.
Charles Villeneuve a beau démentir les bruits d’un éventuel changement du cadre technique, toujours est-il que son propos laisse une part de doute ravivée sans doute par le déficit de spectacle dans le jeu de l’équipe.
« Une grande équipe se construit d'abord par la défense. De ce point de vue, Paris montre l'exemple. Mais nous sommes aussi une entreprise de spectacle et pour l'instant, c'est insuffisant. Une équipe comme le PSG n'a pas vocation à se contenter de faire match nul (0-0) au Parc face Kayserispor. Je l'ai dit à qui de droit. »
Le terne match nul face aux Turcs en Coupe de l’UEFA justifie t-il tant les ambitions de beau jeu que le président parisien est en droit d’attendre ? C’est justement là la vraie question.
Un « balayage » de l’effectif parisien ne permet pas en effet d’être aussi exigent que l’est actuellement l’ancien patron des services de Sports de TF1. Aussi bien en termes de qualité qu’en nombre, les joueurs parisiens ne valent pas par exemple leurs homologues lyonnais ou marseillais. L’équipe est pourvue sans doute de plusieurs cadres qui sont en train de la solidifier à défaut de lui donner un cachet particulier, mais cela ne justifie pas tant les ambitions de Villeneuve, venues un peu précocement suis-je tenté de dire.
Les Makélélé, Giuly, Sessègnon, Hoarau et Kezman ont certainement besoin d’un peu plus de temps pour que leur empreinte sur le jeu de l’équipe soit encore plus consistante qu’elle l’est aujourd’hui. Changer d’entraîneur n’est sûrement pas la meilleure façon d’aider l’équipe à progresser, d’autant que l’effectif restreint dont dispose le coach ne justifie pas les grandeurs de spectacle dont rêve le président Villeneuve.
Une équipe spectaculaire se construit dans la durée, un peu patiemment, avec beaucoup de lucidité mais également avec de gros moyens, chose qui paraît manquer le plus au club de la capitale actuellement.
Changer d’entraîneur, si elle peut être une bonne solution, elle me paraît par contre tout sauf une bonne résolution !
Chahir CHAKROUN