Depuis le début de saison, Paris alterne le bon et le moins bon. Si le spectre des deux dernières saisons catastrophiques plane encore sur les esprits de ses joueurs, l’équipe de Paul Le Guen a été capable, lorsqu’elle évolue à son réel niveau, de très belles prestations.
Samedi dernier, c’est le septuple champion de France qui en a fait les frais. Après Bordeaux et Marseille, c’était au tour de Lyon de tomber dans le piège parisien. Battre les trois représentants français en Ligue des champions, ce n’est pas rien. ça démontre une réelle envie, une belle solidité et beaucoup de qualités. ça démontre aussi que Paris a les moyens de rivaliser avec les cadors de Ligue 1. Face aux Rhodaniens, Paris a joué certainement son meilleur match de la saison. Bien en place, solide défensivement, dangereux offensivement et habité par un état d’esprit irréprochable, le PSG a écœuré Lyon. Les hommes de Claude Puel ne sont jamais parvenus à être dangereux, mis à part deux tirs lointains de Fred et de Benzema.
La défense, pointée du doigt en début de saison, a sorti un match parfait, ne commettant pratiquement aucune erreur. Au milieu, la paire Makelélé-Clément a été irréprochable, récupérant un nombre incroyable de ballon et empêchant surtout Makoun et Ederson de venir porter le danger devant les buts de Landreau. Mention spéciale au capitaine parisien qui a bien répondu présent dans les duels physiques. Il a revigoré ses coéquipiers, les poussant à aller plus loin dans leurs retranchements. En attaque, Hoarau et Giuly affirment leur complémentarité de match en match. L’ex-Romain a inscrit face à son club formateur son troisième but consécutif. Enfin, comment ne pas parler du renouveau du PSG sans parler de Sessègnon ? Le Béninois est incontestablement le chaînon manquant à l’équipe ces dernières saisons. Vif, technique, virevoltant, le meneur de jeu a été le principal fer de lance de l’équipe francilienne.
Comme les Girondins et les Marseillais, les Gones ont eu un sentiment d’impuissance face à Paris, n’arrivant pas à la faire déjouer. Paul Le Guen, si critiqué pour ses capacités de meneur d’hommes a prouvé qu’il était un maître tacticien. Son 4-4-2 est en train de prendre forme et son équipe monte en régime au fil des matches. Ce n’est cependant pas une raison pour s’enflammer comme le souligne le breton : « On ne reviendra jamais sur Lyon, ni sur d'autres équipes sans doute, mais l'équipe progresse, prend forme. Ce n'est pas un hasard de battre Bordeaux, Marseille et Lyon, mais ce n'est pas non plus un hasard de perdre contre Grenoble et Toulouse ». Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a raison. Car si Paris a répondu présent lors des grands rendez-vous, elle a perdu des rencontres contre des équipes beaucoup moins huppées.
Si le PSG confirme ce qu’elle a laissé entrevoir face aux Cadors et s’il parvient à rééditer les mêmes prestations face aux autres équipes, c’est tout naturellement que l’équipe sera un sérieux outsider pour le titre. Premier élément de réponse ce dimanche, face à l’une des équipes les plus en forme du moment, Rennes.
Nidhal JELASSI