Evincé, Charles Villeneuve l'a été. Non sans raison puisque le conseil d'administration avec à sa tête Sébastien Bazin ont mal pris la lettre que le futur-ex du PSG leur avait adressée. Dans cette lettre, l'ex-directeur des sports de TF1 avait critiqué la façon dont l'actionnaire principal du club, Colony Capital, gérait le club parisien et plus particulièrement la situation financière que traverse le club.
Le motif de cette lettre est tout trouvé. L'actionnaire compte vendre les joueurs à la plus-value indéniable dès cet été. Et ce pour combler le déficit du club, estimé à 10 millions d'euros. Des joueurs comme Hoarau et Sessègnon, qui font l'objet de nombreuses convoitises, seront en ce sens cédés. Ce qui a le don de mettre Villeneuve hors de lui, lui qui veut jouer le titre dès la saison prochaine. C'est d'ailleurs pour cela que le président du PSG s'est mis à la recherche de nouveaux investisseurs, notamment dans le Golfe, pour apporter cette manne financière qui lui permettrait de mettre son plan en exécution et refaire du PSG un champion de France.
Ce plan de secret du président Villeneuve a, en toute objectivité, fière allure. L'ancien journaliste avait l'intention de faire revenir Gabriel Heinze au Camp des Loges. En fin de contrat en juin 2010 avec le Real, Heinze s'est déjà déclaré très intéressé par un retour en France où sa grinta avait fait de lui une idole au Parc des Princes. Outre le Madrilène, Villeneuve préparait une offre de 8 millions d'euros afin d'arracher Mathieu Bodmer à Lyon. De plus, le retour en Hexagone de Vieira et Gallas était aussi prévu pour l'été prochain. Avec de tels renforts, le PSG serait certainement l'un des grands favoris du championnat la saison prochaine.
Charles Villeneuve a aussi planifié le retour de l'enfant du club, Nicolas Anelka, prévu après la Coupe du monde 2010. Un plan qui était vraisemblablement trop ambitieux pour Colony Capital et Sébastien Bazin qui ne veulent pas mettre de liquidités dans un club déjà déficitaire. Pour rappel, le recrutement de l'été dernier a été fait grâce aux ventes de Diané et Digard. Autrement dit, Villeneuve a réussi l'exploit de bâtir une équipe compétitive avec une enveloppe de zéro euro alloué aux transferts.
Entre un Villeneuve qui voulait refaire de Paris le club qu'il était à la fin des années 90 et un Bazin qui veut réaliser le maximum de bénéfices avec les moindres frais, le public francilien a déjà fait son choix.
Nidhal JELASSI