Dire que Marseille est la bête noire de Lyon en Coupe de France est un euphémisme. Les Gones n’ont plus battu les Phocéens depuis 1973.
La dernière confrontation entre les deux équipes, en championnat, nous a laissés sur notre faim tellement le spectacle était d’une pauvreté affligeante. Pour ce dernier match des huitièmes de finale de la Coupe de France, le niveau de jeu a été plus conforme aux statuts des deux formations. Le but précoce de Benzema a sans doute libéré les deux équipes. Lyon évoluait plus libéré alors que Marseille a dû hausser son niveau de jeu pour revenir au score.
Revenons au but de Benzema pour montrer du doigt, une fois encore, les carences défensives de Marseille. Sur le but de l’international français, Delgado a profité d’une mauvaise relance de Zubar. Loin de nous l’idée de tout mettre sur le dos du pauvre Ronald, mais force est de constater que devant lui il y avait et Benzema et Delgado. Aucun olympien n’était là pour couvrir Zubar. Sur l’action du but, Benzema était d’ailleurs étrangement libre de tout marquage alors que le ballon était à vingt mètres des buts de Mandanda. A noter le sang froid exceptionnel du prodige rhodanien au moment d’ajuster le portier phocéen d’une belle frappe croisée.
En décortiquant la composition de l’équipe qu’alignait Gerets au coup d’envoi, on s’est étonné de l’absence d’un véritable milieu défensif et le déroulement de la rencontre nous a donnés raison. Le seul milieu de terrain à vocation défensive, dans l’équipe marseillaise, était Cheyrou. Or l’ex-Auxerrois est beaucoup plus un relayeur qu’un numéro 6. M’Bami, sur le départ, aurait pu être utile à Gerets, mercredi soir à Gerland. Kaboré, officiellement légèrement blessé, a manqué terriblement à l’entrejeu de l’OM. N’en parlons plus de Cana dont l’engagement et l’application n’ont pas d’égal dans l’effectif de Gerets.
L’entraîneur belge de l’OM alignait un milieu à cinq où cohabitaient Ziani, Zenden, Valbuena et Koné. Quatre milieux offensifs qui n’ont pas assez soutenu Cheyrou dans la récupération. En face, le milieu des Gones, plus équilibré avec Juninho, Toulalan et Kallstrom a littéralement bouffé l’entrejeu des phocéens. Plus agressifs, plus présents et plus prêts physiquement, les Lyonnais ont gagné la bataillé du milieu. Une bataille qui a grandement facilité la tâche des hommes de Claude Puel.
Déjà critiqué en championnat, Eric Gerets a encore montré les limites de ses choix et de sa tactique. A cinq mois de la fin de son contrat, l’avenir du Belge à la tête est de l’OM est plus que jamais en suspens. Entretemps, l’OL savoure sa qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe de France Lille.
Nidhal JELASSI