La France a battu hier la Serbie 2-1, une victoire salutaire pour Domenech qui garde a priori ses fonctions de sélectionneur. Au bénéfice de ce succès également, l’équipe de France se replace dans un Groupe 7 dominé actuellement par la Lituanie. Raymond Domenech n’est apparemment jamais aussi lucide que quand il est au seuil de la porte de sortie. Démonstration nous a été donnée hier quand les Bleus semblaient en perdition en première mi-temps. Dans un match où l’équipe de France a mal négocié le début, le risque d’une nouvelle contre-performance a fortement plané tout au long des 45 premières minutes de jeu.
Dispersée, jouant sans ligne directrice, l’âme n’était pas au rendez-vous, ou plutôt la peur au ventre, l’équipe de France se perd, se fait peur et avec elle le public du Stade de France. Une mi-temps au cours de laquelle les occasions des Tricolores se limitaient à quelques essais qui ont davantage suscité les sifflets des supporters qu’enthousiasmé l’assistance.
Première impression : Domenech est en danger.
Au retour de vestiaire, l’équipe de France se métamorphose, elle revient avec de nouvelles intentions, présente un autre visage, beaucoup plus plaisant, les joueurs avaient plus d’allant parce que le positionnement sur le terrain devenu meilleur. Raymond Domenech, comme par magie, a réussi à ressusciter en son équipe les vertus d’un groupe et dans le jeu les valeurs du collectif. Suffisant pour que la machine revienne en marche et les joueurs de se libérer d’une pression énorme.
Mais c’est certainement l’entrée de Nicolas Anelka qui avait changé la donne. Un coaching que peut-être seul Domenech était en ce moment capable de faire. Faire sortir le meilleur joueur de Ligue 1 Benzema et incorporer le joueur de Chelsea, Anelka. Ce changement n’était pas évident même si le Lyonnais a été transparent dans son évolution et brouillon dans son positionnement durant toute la première mi-temps.
L’équipe de France commence à poser le jeu, à carburer et acculer son adversaire à la faute. Henry profite d’un moment de flottement de la défense serbe et bat d’une manière opportuniste le gardien adverse. La France mène 1-0 et Domenech entretient sa place de sélectionneur à défaut de conforter sa position d’inamovible.
Le but d’Henry a eu le mérite de libérer les Bleus. L’on assiste dès lors à de belles phases de jeu, des mouvements d’ensemble, des combinaisons et les occasions de se multiplier à un rythme plus soutenu. Le second but d’Anelka reflète l’état d’esprit avec lequel les Tricolores ont attaqué la seconde mi-temps. Abattage et détermination.
Deux vertus qui ont permis aux Bleus de se retaper le moral que même le but des Serbes sur corner à un quart d’heure de la fin ne va pas entamer.
Domenech a réussi hier soir ce qu’il ne devrait pas rater peut-être dans un match de cette importance. Le coaching.
Pour cela, il mérite sûrement que l’on soit moins critique à son égard !
Chahir CHAKROUN