Ya-t-il un trait commun entre le président de la FFF et le sélectionneur de l'équipe de France ? Non que je sache. Jean-Pierre Escalettes et Domenech sont plutôt deux personnages symptomatiquement différents. Si ce n'est pas en raison de la différence d'âge, ça serait peut-être par différenciation fonctionnelle.
Par exemple, pour se défendre, Escalettes, en bon fonctionnaire, s'excuse. Par contre, Raymond (je l'appelle par son prénom par affinité), contractuel de son état, il se fait toujours un malin plaisir à s'attirer la foudre. A se demander si les critiques qu'il s'offre à chaque sortie de l'équipe de France ne sont pas derrière sa charmante bonhomie !
Cela n'empêche pas les deux personnes d'être atypiques. Dans des structures peu conformes, cela constitue sans doute une bonne façon de perpétuer la longévité.
A défaut de changement, les deux hommes sont aujourd'hui dans une dynamique de continuité. Le président de la FFF lorgne un nouveau mandat qu'il postule méritoirement, on lui souhaite tout le mérite possible d'ailleurs. Le patron des Bleus, lui, justifie à l'unanimité son maintien à la tête de l'équipe de France. A défaut de le discréditer, le fiasco de l'équipe de France à l'EURO 2008 l'a conforté !
Expression anachronique d'une Fédération qui préconise le statu quo quand le salut vient par le changement. Certains joueurs de l'épopée victorieuse de 98 ne se sont-ils pas trompés en donnant leurs avis sur les dysfonctionnements de la structure fédérale et sur les choix techniques de Domenech.
En bon samaritain, Escalettes calme le jeu et prône l'unité de l'équipe de France. Il s'excuse du mot « clan 98 » qu'il a formulé un peu trop cavalièrement, sans doute plus par excès de langage que par défaut de langue. Mais rien ne dit qu'il s'en sortira indemne. Le politiquement correct n'aime pas trop les erreurs de la bureaucratie.
Domenech dans tout ça ? Il comprend tout le pauvre ! Une victoire contre la Roumanie ce samedi peut lui permettre de mieux vivre sa situation, mais ne peut continuellement l'épargner. Que dire si par malheur, les Tricolores se font battre par les Roumains.
Je ne suis ni prévoyant, ni prévisionniste, mais en cas de défaite (chose que je ne le lui souhaite pas), Domenech sera cette fois-ci dans de beaux draps.
Contre la Tunisie trois jours plus tard au Stade de France, il se peut très bien qu'il suive d'ailleurs le match au chaud à partir de chez lui.
Chahir CHAKROUN