S’il n’est pas crucial pour les Bleus, Roumanie-France demain à Constanta pourrait l’être par contre pour Domenech qui reste a priori suspendu à un résultat positif pour espérer garder la confiance du président Escalettes. Cette situation de pression, sans doute inopportune, ne semble pas perturber, du moins en apparence, le sélectionneur des Bleus qui continue à mettre les dernières retouches à la formation qui devrait débuter la partie demain soir en terre roumaine. Si pour certains postes, les titulaires sont déjà connus, des doutes et des incertitudes planent sur d’autres en raison des forfaits ou encore de quelques bobos dont souffrent quelques joueurs.
Si en défense, Mandanda est sûr d’être reconduit dans les buts, tout comme Sagna à droite, des doutes persistent encore sur celui qui va occuper le poste de latéral gauche. Titulaire contre la Serbie, Clichy pourrait en effet céder sa place au Mancunien Evra, plus solide et rugueux dans la perspective d’un match en déplacement où la prudence et bien sûr l’expérience doivent être de mise.
Dans l’axe, si Abidal est sûr de faire partie du onze rentrant, la blessure de Gallas par contre a mis le sélectionneur dans l’embarras. En tout cas, le rappel de Boomsong en dernière minute laisse entretenir le suspense sur une éventuelle titularisation de Mexès qui paie sans doute sa mauvaise prestation en Autriche. Le Lyonnais donne peut-être à Domenech plus de garantie dans les balles aériennes et les coups de pied arrêtés, le point faible de l’équipe de France actuellement.
Au milieu, Vieira et Ribéry, revenus de blessure, seront sûrement sur le terrain au coup d’envoi, tout comme Toulalan qui a pris de l’ampleur dans cette équipe depuis l’EURO.
Pour mener les opérations offensives, c’est Gourcuff, en forme ces derniers temps, qui a la préférence du sélectionneur, Malouda dans une position de milieu gauche porté vers l’avant et Henry au centre de l’attaque devraient compléter le onze rentrant.
Une configuration en 4-2-3-1 avec quatre défenseurs, deux milieux récupérateurs (Toulalan et Vieira), trois milieux, un à droite (Ribéry), un au centre (Gourcuff) et un à gauche (Malouda), tous les trois derrière la seule pointe en attaque qu’est Henry.
Une approche sans doute prudente mais quelque peu justifiée dans la perspective d’un match à l’extérieur sur une pelouse peu évidente à jouer.
Quid de Clichy, Benzema et Ben Arfa qui sont en train de confirmer dans leurs clubs respectifs ? Si pour le Gunner, c’est plutôt une question de choix entre lui et Evra, pour les joyaux de Lyon et Marseille, l’approche est davantage stratégique que technique. Laisser deux joueurs offensifs, de la valeur de Benzema et Ben Arfa, sur le banc, pour les injecter fraichement par la suite dans la partie est sans doute une idée géniale, à défaut d’être une invention.
Reste à savoir à quel moment de la partie faut-il les intégrer. Si les qualités de finisseur du Lyonnais pourraient être exploitées au cas où l’attaque se montre inefficace, la rentrée de Ben Arfa se fera dans le but de déverrouiller le système défensif roumain et donner également davantage de créativité dans le jeu français.
Anelka, qui a repris les entraînements avec le groupe, tout comme Ben Arfa d’ailleurs, est une autre alternative que Domenech pourrait y recourir en cours de match, si bien que cette expérience lui a donné agréablement raison contre la Serbie, un coaching qui pourrait être déterminant, là aussi contre la Roumanie.
Mais bon, vous savez sans doute que tout ça n’est que littérature. La réalité du terrain est tout autre.
Chahir CHAKROUN