Une équipe de France à réaction, c’est devenu une habitude. Ces trois dernières rencontres, l’entame de match des Bleus est défaillante. Contre l’Autriche et la Roumanie déjà, les Tricolores l’ont découvert à leurs dépens. Prise de vitesse dans les contres, la défense des Bleus, peu aidée par les milieux récupérateurs, montre des signes de fébrilité évidents quand elle ne se fait pas malmener sur les coups de pied arrêtés.
Hier soir face à la Tunisie, encore une fois, les Français ont eu du mal à entrer dans le match. Gênés par le jeu en bloc pratiqué par les coéquipiers de Karim Haggui, les joueurs de Domenech tardent à trouver le bon élan. Le temps de concéder quelques actions dangereuses aux Tunisiens comme cette hésitation de Boumsong qui a amené le but du Lensois Jomaâ. Le Lyonnais, qui ne joue que par intermittence dans son club, ne justifie pas actuellement sa place de titulaire en équipe de France, un rang que Mexès et Squillaci peuvent tenir sans doute en l’absence de Gallas.
Cette fébrilité de la défense n’est pas sûrement compartimentée. En effet, dans tous les débuts de matches, c’est toute la machine qui est déréglée. Ce n’est certainement pas une question de joueurs ou de choix techniques. C’est plutôt une culture française.
Passer d’un système traditionnel en 4-3-1-2, à un autre plus offensif avec seulement deux pivots, est un pas que les Tricolores sont en train de découvrir. La France a toujours une propension à jouer bas contre des équipes de son niveau, tout comme d’ailleurs l’Italie qui aime voir venir son adversaire pour le surprendre en contre. Contrairement sans doute à des équipes comme les Pays-Bas ou l’Allemagne où l’on privilégie l’initiative et le jeu d’attaque.
Contre des équipes de niveau inférieur, le fait de passer à des schémas plus offensifs pose un problème d’adaptation aux Français et une perte de repères qui devient récurrent à chaque début de match.
Ces mêmes difficultés disparaissent comme par magie quand les Français se trouvent menés au score et obligés de faire le jeu. Logique. L’équipe de France actuelle est sans doute plus joueuse que sa précédente. Avec Ribéry, Gourcuff, Ben Arfa, Benzema et même Toulalan, des joueurs davantage techniques que physiques, l’équipe de France se trouve plutôt à son aise quand il s’agit de prendre le jeu à son compte.
L’exemple nous a été donné hier soir contre la Tunisie après la pause. Un jeu fluide, tout en mouvement, fait souvent de passes courtes, de dédoublements sur les côtés, parfois de changements de trajectoires quand le bloc adverse est compact. Bref, des ingrédients de jeu qui montrent la France dans un habit auquel le public aspire.
La France est en train d’expérimenter aujourd’hui un système nouveau qui sied davantage au potentiel des joueurs. Il faut certainement un temps d’adaptation pour que l’équilibre soit atteint.
Mais attention. Si contre la Roumanie et la Tunisie, la France a réussi à revenir au score ou à inverser la tendance, contre des équipes de meilleur calibre, ce serait problématique. Domenech le sait certainement bien.
Chahir CHAKROUN