Le Conseil fédéral du 15 octobre a finalement cédé à l’opération de charme des Bleus en seconde mi-temps du match contre la Roumanie à Constanta et d’hier soir contre la Tunisie à Saint-Denis. Le compte à rebours déclenché après le match contre l’Autriche s’est arrêté à un moment où les dés semblaient jetés.
Raymond Domenech a réussi à conserver son poste de sélectionneur à l’unanimité lors d’un vote secret ce matin: 19 voix pour et une abstention. Verdict sans surprise, attendu en quelque sorte malgré les divergences des avis qui ont accompagné à un certain moment l’évolution de l’équipe de France.
Le Conseil fédéral s’en sort-il à bon compte ? Oui certainement. Démissionner Domenech après l’avoir maintenu au lendemain du camouflet de l’EURO 2008 serait se placer dans une situation ridicule que la vacation du poste et l’absence de solutions de rechange ne feraient qu’empirer davantage.
Soutenu surtout par ses joueurs, Domenech a réussi à décanter une situation qui était largement en sa défaveur. Son mérite est sans doute grand puisqu’il a su résister à une pression loin d’être facile à vivre, humainement et sportivement. Il ne faut pas oublier que les résolutions techniques qu’il a faites se sont avérées judicieuses. La rentrée en seconde mi-temps d’Anelka contre la Serbie, sa confiance renouvelée à Gourcuff contre la Roumanie, la transformation du visage de l’équipe qui est devenu plus plaisant à voir, le comportement de l’équipe plus positif, tout ça a certainement plaidé pour lui.
D’ici la double confrontation contre la Lituanie fin mars et début avril, Domenech aura le temps de penser à cette situation rocambolesque dont il sort vainqueur. Méditer aussi sur les changements salvateurs dans le jeu de l’équipe qui sont certainement derrière son maintien à son poste.
Mais il ne faut surtout pas trop pavoiser. Ses détracteurs le suivent au mot, même si la communication de Domenech, à l’image du jeu de l’équipe, a beaucoup évolué.
Chahir CHAKROUN