Si la trêve permet aux joueurs de se reposer et de recharger leurs accus, elle donne l’occasion également aux coaches de situer leurs besoins et de pourvoir certains postes. Mais les équipes ne sont pas toutes certaines de revenir dans les meilleures conditions possibles. Tout dépendra en fait de la situation par laquelle elles sont passées durant la phase aller du championnat. A qui profitera la trêve ? Allégations !
Le septuple champion de France, Lyon, a par exemple tout à gagner de cette trêve. Jouant sur plusieurs fronts depuis le début de la saison, l’équipe rhodanienne a laissé beaucoup d’énergie au passage, physiquement mais aussi mentalement. Quand on est attendu au tournant, ça met la pression sur les joueurs et c’est difficile de la gérer à longueur de journées.
Entre compétitions nationales, la Ligue des champions, et les engagements des joueurs dans leurs équipes nationales respectives, les Lyonnais ont enchaîné plus de trente matches en cinq mois, d’où les blessures à répétition qui n’ont pas épargné l’effectif des Gones. La trêve est une bouffée d’air pour Claude Puel et ses troupes.
Pour l’OM, le contexte est différent. Durant la phase aller du championnat, l’équipe phocéenne n’a pas réussi à trouver un équilibre dans le jeu et conséquemment une régularité dans les résultats. Pour avoir perdu beaucoup de temps dans des schémas qui s’étaient avérés tous aussi défaillants qu’infructueux, Eric Gerets a épuisé, si je puis-je dire, le joker temps qui lui permettait de remédier aux lacunes entrevues. Quelques jours de trêve sauront-ils corriger les défaillances accumulées durant cinq mois ? Sceptique est mon interprétation !
Auteur d’un formidable parcours jusque-là, Rennes est l’équipe à même de tirer le meilleur profit de cette trêve hivernale. La raison est simple. Les Bretons ne déplorent ni déficit de jeu ni instabilité technique. C’est l’équipe la plus régulière et la plus sereine de Ligue 1. Quelques jours de repos pour les joueurs, c’est tout bénef.
Tout comme Rennes, Toulouse, Lille et Nice sont dans la lignée des équipes qui ont tout à gagner de cette trêve. Parce qu’elles sont déjà bien en place, ces équipes ont plus besoin de relaxation que de travail de fond. Si bien qu’avec peu de moyens, elles ont démontré jusque-là beaucoup d’entrain.
Pour Bordeaux, cette trêve tombe à pic tant les joueurs ont besoin de repos pour se ressourcer après les échéances du championnat et de la Ligue des champions. Laurent Blanc, qui a l’intention de dégraisser son effectif, verra donc plus clair. Avec un groupe fixe, Le Président saura mieux gérer les aspects technico-tactiques.
Heureux qui comme le PSG a passé l’hiver au chaud. Avec un équilibre dans le jeu et une régularité dans les résultats, l’équipe de Charles Villeneuve a fait sensation durant l’aller en réussissant à battre Bordeaux, Marseille et Lyon. Excusez du peu !
La trêve risque d’être préjudiciable par contre à Saint-Etienne. Auteurs d’un début de saison chaotique, les Verts ont retrouvé des couleurs ces dernières journées et réussi à remonter la pente. La trêve risque de freiner leur élan, eux qui ont recouvré sérénité et équilibre dans le jeu dernièrement.
Dans le ventre mou du classement, Grenoble, Caen, Le Mans, Lorient, Nancy et Auxerre sont presque dans la même position. Porter les correctifs et gagner en consistance, telles sont les priorités de Bazdarevic, Dumas, Bertucci, Gourcuff, Correa et Fernandez. Monaco tout comme Nantes est dans une position peu confortable. La trêve peut-elle apporter un semblant de sérénité dans une atmosphère délétère ? Pas évident.
Valenciennes, Le Havre et Sochaux. Des équipes très mal lotis et qui risquent de s’enliser davantage dans le gouffre si elles n’arrivent pas à se renforcer copieusement. Si la venue de Darcheville à Valenciennes peut aider le groupe de Kombouaré à améliorer une efficacité défaillante, la faiblesse de l’effectif havrais et sochalien pose problème. La trêve seule ne saura sans doute pas combler les lacunes.
Chahir CHAKROUN