Pour la première fois depuis des années, le classico du champion de France oppose le deuxième au troisième. En course avec Lyon et Bordeaux pour le titre, le PSG et l’OM s’affrontent dans un stade du Parc des Princes plein comme un œuf. Tellement plein qu’un écran géant a été placé au Stade de France pour les supporters qui n’ont pu se procurer de ticket pour la rencontre.
Du côté Parisien, seul Sessègnon manque à l’appel alors que du côté phocéen, Ziani est suspendu, Bonnart est blessé, et Niang et Ben Arfa débutent sur le banc. Le choix de Gerets de titulariser Brandao est plus tactique qu’autre chose dans la mesure où l’imposante brésilien avait pour consigne de faire face au duel physique attendu face à la paire Camara-Sakho.
Le début de rencontre est complètement à l’avantage des visiteurs qui s’essayent aux tirs lointains sans pourtant arriver à cadrer. Le pressing haut effectué par les protégés de Gerets asphyxie les Parisiens qui éprouvent beaucoup de mal à se sortir de leur moitié de terrain. A la 23’, Cheyrou alerte Brandao qui contrôle et sert d’une talonnade Zenden. Le Hollandais pénètre dans la surface et trompe Landreau d’une belle frappe croisée.
Ce but libère encore plus les Phocéens et met la pression sur leur adversaire. Pour le PSG, l’absence de Sessègnon est aussi visible qu’une tâche d’encre sur un tableau blanc. Sans son meneur de jeu, le club de la capitale est incapable de prendre le jeu à son compte et d’alimenter ses attaquants en bons ballons. Alors qu’on se dirigeait vers la fin de la rencontre, Paris égalise sur sa première véritable occasion. Luyindula lance à la limite du hors-jeu Giuly qui gagne son face à face avec Mandanda. Une égalisation heureuse pour les Franciliens qui ont été complètement dominés lors de cette première période.
Au retour des vestiaires, Marseille paraît bien décidé à marquer dès les premières minutes. A peine huit minutes et voilà que Brandao oblige Camara à commettre une faute en position de dernier défenseur. Carton rouge logique pour le défenseur parisien et un coup franc intéressant sur la ligne des dix-huit mètres. Le coup de pied arrêté est exécuté par Zenden, Landreau repousse sur Koné et le cuir finit sa course dans les filets. Ne dit-on pas que la chance sourit aux audacieux ? Ainsi, Marseille se voit récompenser de son audace par un but chanceux qui lui permet de reprendre l’avantage.
La sortie de Camara déséquilibre le PSG. D’autant plus que Paul Le Guen ne procède à aucun remplacement. Makelélé se voit confier la couverture du poste de Camara. Les espaces se multiplient au sein de la défense parisienne et Cana d’une belle frappe parvient à tripler la marque à l’heure de jeu.
A partir de cet instant, il n’y a plus de match. Paris tente de réagir mais sans succès. L’ombre de Sessègnon plane sur la pelouse du Parc et ses coéquipiers peinent comme rarement l’ont fait cette saison en son absence. Marseille, de l’autre côté, gère à merveille le reste de la rencontre et remporte logiquement trois précieux points qui la relancent complètement dans la course au titre.
En cas de victoire, le PSG aurait pu s’asseoir seul en tête du championnat. Au lieu de ça, il permet à Marseille et Bordeaux de revenir dans la course.
Nidhal JELASSI