Champion d’Angleterre en titre et détenteur de la Ligue des champions 2008, Manchester United éprouve cette saison beaucoup de difficultés à retrouver son niveau de la saison passée. Malgré une qualification en huitièmes de finale de la Coupe aux grandes oreilles et une troisième place en Premier League, avec toutefois deux matchs en moins, la qualité du jeu proposée par les hommes d’Alex Ferguson laisse à désirer, et peu en rapport avec son titre de meilleure équipe du monde.
Et pourtant, Manchester United n’avait perdu aucun de ses cadres à l’intersaison. Cristiano Ronaldo, son atout numéro 1 et récent vainqueur du Ballon d’Or, a préféré finalement prolonger l’aventure mancunienne après avoir fait part de ses envies de départ en direction de Madrid, au Real plus précisément. Aux côtés de Rooney, Ronaldo, Tevez, Evra, Ferdinand et autres Carrick et Giggs, Alex Ferguson ne recruta qu’un seul joueur. Dimitar Berbatov, arraché à Tottenham pour 38 millions d’euros. Un choix logique dans la mesure où les Red Devils avait besoin de ce style d’attaquant. Longiligne, technique et très intelligent dans le jeu, le buteur bulgare semblait être le maillon qui manquait à la chaine mancunienne pour franchir un palier supérieur et réaliser une saison au moins aussi exceptionnelle que la saison 2007/2008.
Mais voilà, six mois plus tard, Manchester est toujours à la recherche de sa meilleure carburation. Les résultats sont certes là mais l’équipe de Ferguson n’impressionne plus. Contrairement à Liverpool qui caracole en tête du classement et à Barcelone qui pratique à l’heure actuelle le plus beau football d’Europe, Manchester, lui, rame et enchaîne les victoires étriquées acquises souvent sur un exploit individuel de Rooney, Tevez ou Berbatov. La première explication qu’on peut donner à cette première moitié de saison laborieuse de Manchester est la baisse de forme de son maître à jouer Cristiano Ronaldo. Eloigné des terrains durant trois mois après avoir subi une opération à la cheville droite, le Lusitanien a raté la préparation d’avant-saison et malgré un retour encourageant, il semble marquer le pas depuis plusieurs semaines. Son rendement, en deçà de son potentiel, pénalise son club qui dépendait trop de ses accélérations, de sa vivacité et son efficacité monstrueuse devant les buts. Cette saison, Cristiano peine à faire la différence, sans doute handicapé par un manque de rythme logique après trois mois d’inactivité.
L’autre éventuelle explication à l’incapacité de Manchester à produire le même volume de jeu que la saison passée est la longue absence de Paul Scholes. Le meneur de jeu mancunien est le baromètre de l’équipe. Sans lui, le milieu de terrain de Manchester n’a plus cette dose de créativité et d’intelligence, primordiale dans le dispositif mis en place par Ferguson. Anderson, malgré ses qualités intrinsèques, ne semble pas en mesure de diriger les manouvres de l’équipe et d’être l’homme de la dernière passe en destination de Rooney, Berbatov et Tevez. Ajoutons à cela l’absence d’un véritable ailier gauche.
A 36 ans, Giggs n’a plus cette capacité d’accélération et de débordement sur les ailes et ce malgré une technique toujours largement supérieure à la moyenne. De plus, Nani qui peine à confirmer sa bonne première saison et Park est plus un combatif qu’un feu follet. Voilà sans doute la principale erreur de Ferguson qui n’a pas daigné recruter un ailier gauche pour équilibrer le jeu de son équipe. Le mercato hivernal peut représenter une solution au coach écossais avant d’aborder une deuxième moitié de saison qui verra son équipe engagée dans quatre compétitions avec toujours le même objectif : remporter le plus de titres possibles.
Nidhal JELASSI