C’était sans doute le transfert qui a surpris le plus de monde dans les derniers jours du mercato. Amateurs, professionnels, spécialistes confondus. Troisième meilleur buteur de Ligue 1 la saison dernière, Djibril Cissé avait choisi, contre toute attente, de quitter l’Olympique de Marseille et revenir en Premier League.
Pour exaucer son vœu de rejouer outre-manche, Cissé a choisi de rejoindre le modeste club de Sunderland. Un choix étonnant dans la mesure où malgré de grandes ambitions, le club entraîné par Roy Keane n’a rien d’un cador, ni même d’un outsider, du championnat anglais. Malgré les déclarations de Cissé comme quoi Sunderland veut se faire une place parmi le Big Four anglais, le début de saison des Black cats confirme le fait que c’est une équipe moyenne qui jouera comme les années précédentes pour sauver sa peau en première division.
La principale (et certainement la seule) motivation qui a poussé Cissé à quitter l’OM est sa recherche d’un temps de jeu conséquent après les arrivées de Ben Arfa et Koné, et la place de titulaire indiscutable de Niang. Ecarté de la liste des convoqués pour l’EURO, Cissé pensait qu’il ne pouvait se permettre de jouer par intermittence, même à l’OM, s’il vouvait attirer de nouveau l’attention de Raymond Domenech. Or, en rejoignant Sunderland, Cissé s’est éclipsé sans le vouloir. Dans une équipe de seconde zone, il ne pouvait faire parler de lui sauf avec des prestations étincelantes et des statistiques qui parlent d’elles mêmes.
Avec deux buts au compteur pour sept matchs disputés depuis le début de la saison. Le bilan actuel de Cissé n’est guère valorisant. D’autant plus qu’il est la star de l’équipe et l’avant-centre titulaire d’une équipe qui ne joue que pour lui. Quatorzième au classement, Sunderland est, sans vouloir dénigrer cette équipe, à sa place.
Ne pas réussir à briller dans une équipe comme Sunderland n’est guère encourageant pour Djibril Cissé. S’il était resté sur la Canebière, il aurait sans doute été plus en réussite, même avec un temps de jeu moins important, surtout avec des pourvoyeurs de ballons de la trempe de Ben Arfa, Valbuena ou encore Ziani. Mais comme on dit, avec des Si on refait le monde. Après ses deux doubles fractures en l’espace d’un an, Djibril a, avec ce choix de carrière étrange, dit certainement adieu au Bleus et à une place parmi le gotha des meilleurs avant-centres de la planète. Espérons pour l’ex-Auxerrois qu’il arrive, comme par enchantement, à me faire démentir et revenir au premier plan. Pour y arriver, une sérieuse remise en question lui est certainement nécessaire !
Nidhal JELASSI