Transféré de Marseille à Chelsea, à l'été 2004, pour la bagatelle de 36 millions d'euros, Didier Drogba déchante cette saison. Son avenir s'inscrit, de plus en plus, loin de Londres. Ses déboires physiques à répétition ainsi que l'excellent début de saison de Nicolas Anelka ont fait passer l'attaquant ivoirien du statut de titulaire indiscutable à l'abonné au banc des remplaçants.
L'arrivée cet été du technicien brésilien Luiz Felipe Scolari a remis en question l'éligibilité qu'avait Drogba sur le front de l'attaque des Blues. 5ème au classement du Ballon d'Or 2007, l'ex-Marseillais n'est plus cet attaquant de classe mondiale qu'il a été il y a deux saisons. Les blessures ne l'ont certes pas épargné mais au-delà de ces problèmes physiques, Drogba accumule les problèmes extra-sportifs, comme l'incident de la pièce de monnaie en Coupe de la Ligue, et les déclarations tapageuses.
Indisponible en début de saison, Drogba a assisté impuissant à la montée en puissance de Nicolas Anelka. Mis à mal par Avram Grant la saison dernière, le natif de Trappes a pu compter sur la confiance de Scolari pour mener l'attaque de Chelsea. Meilleur buteur actuel de la Premier League avec 14 buts, l'international tricolore a justifié la confiance qu'a mise son entraîneur en lui. Avec le retour de Drogba, un choix draconien se dresse alors devant Scolari. Alors que l'équipe carburait plutôt bien en 4-5-1, fallait-il tout chambouler et évoluer à deux attaquants, en associant l'Ivoirien au Français ? Ou évincer un attaquant qui enfile les buts à chaque match au profit d'un autre qui revient de blessure ?
Guère convaincu de la compatibilité d'Anelka et Drogba, Scolari va pourtant tenter le pari de les associer ensemble. Le résultat est un échec cuisant ! L'heure est au choix et l'entraîneur champion du monde en 2002 va en faire. Pour lui, il est désormais hors de question d'associer ses deux attaquants. L'avant-centre titulaire à ses yeux est Nicolas Anelka. A Drogba d'accepter cette décision ou de partir. En conférence de presse à l'issue de la rencontre contre Manchester United, Scolari a ainsi déclaré : «Ce sera l'un ou l'autre. J'ai montré que c'était difficile de faire jouer les deux ensemble. J'ai vu ce qu'avait fait Anelka avant et j'avais besoin de donner quatre à cinq matches à Drogba pour revenir. J'ai regardé ce qui s'est passé. A partir de maintenant, je dois décider.»
A Drogba de prendre la décision qui sied le mieux avec la nouvelle direction qu'il veut donner à sa carrière. Son entraîneur lui a vraisemblablement déjà passé un message en affirmant : «Si un joueur ne veut pas rester à Chelsea, c'est le meilleur moment pour partir ».
Nidhal JELASSI