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Rencontre avec Issam Barhoumi, champion du monde de Kung Fu Wushu
06/10/2008 17:47:31

Il est de notoriété événementielle, mais ses performances sont plutôt régulières. Peu connu dans son pays, la Tunisie, il est aujourd'hui reconnu dans le monde...et tout particulièrement en chine.

Les sports de combat, il n'en fait pas seulement des disciplines, mais plutôt un voyage au bout de ses rêves.

Le voyage de Issam dans les sports de combat a commencé lorsqu'il a 16 ans. Depuis, l'adolescent a enchaîné pratiquement toutes les disciplines : Full contact, Kick Boxing, Boxe Française, Kung Fu Wushu, Ju-Jitsu, Yoseikan Budo, Judo. Les arts martiaux, il en est devenu fervent.

Sur le plan national, il est quatre fois champion de Tunisie en Full Contact et en Kung-fu Wushu, deux fois champion en Kick Boxing, cinq fois champion en Ju-Jitsu et il est sept fois vainqueur du titre en Yoseikan Budo.

Champion Afro-asiatique en Kung-Fu Wushu en 2002, Issam Barhoumi décroche en 2004 la médaille d'or en Boxe Française à Toulouse lors du tournoi méditerranéen et en 2005, il est le champion du monde arabe en Kung Fu Wushu et le vice champion du monde en Boxe Française.

 

En 2006, Issam Barhoumi décroche le championnat d'Afrique en Yoseikan Budo et en mai 2007, il est champion du monde dans la même discipline. Excusez du peu ! Un palmarès qui n'entame pas pour autant ses envies de conquêtes d'autres titres.

 

Le dernier en date, il en a rêvé, Issam l'a réalisé il y a à peine deux semaines en Chine, le berceau du Kung Fu, en devenant champion du monde de la discipline, un vœu qu'il caresse depuis sa salle de sport à Tunis et dans son club qu'il a baptisé Samouraï.

C'est précisément dans cette salle que Issam a préparé son titre. Durant des mois, il s'est entraîné, la cadence a monté crescendo à l'approche de l'échéance. Faute de sparring-partners, mais sans doute de moyens, ce sportif de 30 ans, s'est résolu à s'entraîner avec son frère, champion de Tunisie de Yoseikan Budo.

« C'est une façon d'entretenir les différentes techniques de combat, dira Issam. Je pars parfois dans des clubs de judo, le Kung Fu Wushu requiert en effet une adaptation avec tous les autres sports de combat. »

Des difficultés, l'originaire de Sidi Bouzid (ville au sud de la Tunisie) a beaucoup rencontrées lors de la préparation des championnats du monde. « Je m'entraînais avant la rupture du jeûne (le mois de septembre coïncidait avec le mois de Ramadan pour les Musulmans : NDLR), c'était vraiment difficile, j'ai perdu sept kilos. »

Invité aux championnats du monde avec les ténors de la discipline, un Iranien, un Russe et un Américain, le Tunisien fait le grand saut… dans l'avion. Un voyage qui le mènera à Dubai (escale) puis à Pékin (re-escale) pour débarquer enfin à Harbin, lieu de la compétition.

« C'était un voyage éprouvant, se rappelle Issam. En plus, quatre heures après mon arrivée, j'ai dû m'incliner à la pesée. » La pression commence à se faire sentir dans le camp tunisien. Le jour «J», le 20 septembre, approche à grands pas et Issam est un peu inquiet. « L'Américain que je devais affronter demain en demi-finales, je ne l'ai pas vu combattre, je dois donc préparer mon plan d'autant qu'il est grand. »

La stratégie est payante. « Au premier round, j'ai préféré le voir jouer pour connaître ses qualités et ses défauts, nous décrit par les gestes le champion tunisien, dans le second j'ai attaqué et j'ai gagné deux rounds à zéro. »

La finale dont rêve Issam est dans 24 heures, il affrontera l'Iranien vainqueur dans l'autre demi-finale du Russe, un combat que Barhoumi a pu suivre à la sortie de son combat contre l'Américain.

« Le soir dans ma chambre, raconte Issam, je me suis échauffé avec Ridha Farhat, mon entraîneur lorsque j'étais jeune. On a parlé un peu de la stratégie à suivre et tutti quanti.

Le lendemain, après le combat, je suis sorti sous les applaudissements du public chinois. J'ai gagné les deux rounds et je suis devenu le champion du monde du Kung Fu Wushu. Un défi personnel que je me suis tracé dans la douleur, parfois dans l'indifférence. »

Issam va-t-il se suffire de sa performance ? Si son palmarès peut le lui permettre, il est déjà champion du monde en Yoseikan Budo en 2007, son projet sportif le condamne à rester au diapason.

« J'ai trois échéances importantes en 2009 : les championnats du monde de Yoseinkan Budo en mai, les championnats du monde de boxe française en novembre et au cours du même mois, je devrais défendre mon titre décroché dernièrement. »

Dans des sports de combat où la maturité se révèle un peu tardivement, à seulement 30 ans Issam Barhoumi a plutôt à en revendre pendant plusieurs années encore.

Le meilleur est certainement à venir.

 

Chahir CHAKROUN

 

 

Issam Bahroumi (2 articles)