Elu meilleur joueur du championnat d’Allemagne, la saison dernière, Franck Ribery a éclaboussé de son talent la Bundesliga et s’est très rapidement imposé comme le maître à jouer du Bayern Munich. Avec lui, le Bayern a remporté un triplé retentissant Coupe d’Allemagne-Coupe de la Ligue-Championnat. Mais au-delà des ces trophées, c’est l’impact de Ribery sur le jeu munichois qui a impressionné les observateurs et amateurs du ballon rond.
Tantôt meneur de jeu, tantôt milieu droit, l’ex-Marseillais est le véritable métronome du Bayern et le principal pourvoyeur de ballons du duo Klose – Toni. Sa capacité d’accélération et la facilité avec laquelle il élimine ses adversaires ont permis au Bayern d’avoir un jeu plus direct et surtout plus rapide. Au fil des matchs, une sorte de Ribery-dépendance s’installait du côté de la Bavière.
Même le président du Bayern, Franz Beckenbauer, n’a pas caché son inquiétude du jeu produit par le Bayern en l’absence de son feu follet. Dans une interview accordée à Bild à la fin de la saison dernière, le « Kaiser » avait déclaré que « le Bayern Munich n'a jamais dans son histoire été aussi dépendant d'un joueur que l'équipe actuelle l'est de Franck Ribery et à mon avis, c'est trop » avant de rajouter que « sans lui, l'équipe est statique et ne fait preuve d'aucune imagination ».
L’hiver dernier, Riberya été écarté des terrains pendant trois semaines en raison d’une blessure à la cuisse. Période durant laquelle le Bayern a souffert dans le jeu, ses attaquants furent sevrés de ballons et les résultats n’ont, évidemment, pas été à la hauteur. La Ribery-dépendance est telle que Beckenbauer n’hésite pas à comparer le Français à l’ancienne gloire de la Mannshaft, Stefan Effenberg en affirmant « même quand Effenberg avait un rôle similaire, tout ne dépendait pas autant de lui ».
Blessé durant l’EURO et indisponible pour encore un mois, Franck Ribery manque cruellement au Bayern en ce début de saison. Klinsmann, l’entraîneur bavarois, n’arrive pas à trouver la bonne carburation pour son équipe en l’absence de Ribery. Son remplaçant, l’international allemand, Schweinsteiger, l’un des meilleurs joueurs de l’EURO, n’a pas su élever son niveau de jeu pour pallier l’absence du Français, surtout dans l’animation offensive. Résultat, deux matchs nuls en autant de match en championnat et un jeu stéréotypé manquant de fluidité. Toni, de retour de blessure samedi dernier à Dortmund, n’a rien eu à se mettre sous la dent tout au long de la partie. Jurgen Klinsmann subit déjà de fortes critiques et ses premiers pas à la tête du Bayern s’avèrent plus difficiles que prévus, En attendant le retour du « messie » Ribery…. mais un mois c’est long !
Nidhal JELASSI